Action du 17 avril 2024 : Une première victoire contre l’agrivoltaïsme

À l’occasion de la journée internationale des luttes paysannes, la FUGEA et le Réseau de soutien à l’agriculture paysanne (RéSAP) se sont associés pour organiser une journée d’action contre l’agrivoltaïsme à Aiseau-Presles. Notre action s'oppose à un projet d’installation de 22 000 panneaux photovoltaïques sur 30 hectares de terres agricoles. Plus de 200 personnes, accompagnées par les tracteurs de la FUGEA, ont mené des actions symboliques pour réclamer un moratoire sur l’agrivoltaïsme en Wallonie et une régulation du marché foncier agricole. Suite à cette mobilisation, les ministres compétents ont décidé de refuser le permis. Une victoire donc pour le milieu agricole et ses partenaires.

LE 17 AVRIL, LA JOURNÉE INTERNATIONALE DES LUTTES PAYSANNES

Comme chaque année, à l’occasion de la Journée internationale des luttes paysannes, la FUGEA s’est mobilisée avec ses alliés du Réseau de soutien à l’agriculture paysanne (RéSAP) et de Agroecology in Action (AiA) pour mener des actions en faveur d’une agriculture paysanne nourricière et de la transition agroécologique. Après de nombreuses mobilisations pour dénoncer les pratiques d’accaparement de terres, notamment par l’agro-industrie et promoteurs en tous genres, notre action visait cette année une nouvelle menace pour les terres agricoles : l’agrivoltaïsme.

ALERTE FACE À UN PROJET D’AGRIVOLTAÏSME À AISEAU-PRESLES

Des agriculteur·trices membres de la FUGEA nous ont alerté face à un projet d’agrivoltaïsme à Aiseau-Presles. La société Ether Energy prévoit d’y recouvrir 30 hectares de bonnes terres agricoles avec pas moins de 22 000 panneaux photovoltaïques. Ce genre de projets pullule dans nos pays voisins et partout dans le monde. Ils exercent une pression à la hausse sur les prix des terres en les louant à prix d’or, diminuant leur disponibilité pour les agriculteur·ices, détruisant nos paysages et amenuisant la production nourricière, si nécessaire à notre souveraineté alimentaire.
« Ne mettons pas en concurrence agriculture et énergies renouvelables. Il y a bien assez d’espaces bétonnés sur lesquels installer de telles infrastructures.»

RETOUR SUR NOTRE JOURNÉE D’ACTION ET LES PRISES DE PAROLES

Lors de cette journée, nous avons réalisé différentes actions symboliques : installation de pancartes sur le champ menacé, plantations de pommes de terre, ateliers sur l’accès à la terre et l’agrivoltaïsme. Lors des prises de paroles qui ont suivi la manifestation, des agriculteur·ices et des représentant·es de divers collectifs ont rappelé que le cas d’Aiseau-Presles n’est pas isolé. Des projets similaires se multiplient en Wallonie (Les-Bons-Villers, Chimay, Brugelette, Moha, Braine-l’Alleud, etc.).

Notre administratrice, Valentine Jacquemart, éleveuse à Mettet, a notamment rappelé que : “La terre est notre premier outil de travail. Dans un marché foncier agricole déréglé comme en Wallonie, l'attractivité financière de l’agrivoltaïsme participe à la hausse des prix. Aujourd'hui elle est déjà impayable. Les prix des produits agricoles sont trop faibles pour permettre à un agriculteur de rentabiliser l’achat de terres sur le temps de sa carrière.”


UNE ACTION QUI SE SOLDE PAR UNE VICTOIRE !

Il y a des mobilisations qui n’aboutissent pas toujours au résultat escompté (voir notre édito) mais il y en a d’autres qui se concrétisent en victoire ! L’action à Aiseau en est un bel exemple. En effet, suite à la pression politique et médiatique de cette action de terrain et des réunions de plaidoyer menées en amont avec les ministres compétents, ces derniers ont finalement décidé de refuser le permis. Le monde agricole et ses partenaires ont été entendus et compris.
Cette décision va dans un très bon sens. Néanmoins, il est important de garder la pression car d’autres projets similaires pourraient voir le jour. Nous continuons donc à demander qu’une loi soit mise en place pour purement et simplement interdire ces projets agrivoltaïques en Wallonie. Que ce soit sous cette législature ou la prochaine, nous continuerons à porter pleinement notre rôle de syndicat pour représenter l’intérêt des familles agricoles.

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